Le secteur de la microfinance au Sénégal franchit aujourd’hui une étape décisive. Face à l’urgence climatique et aux impératifs d’inclusion financière, la transition vers une finance durable s’impose désormais non plus comme une option, mais comme un levier essentiel de résilience économique.
Au Sénégal, les institutions de microfinance (IMF) jouent un rôle central en matière d’inclusion financière. Elles accompagnent des segments souvent exclus du système bancaire classique, notamment les agriculteurs, les femmes rurales et les jeunes entrepreneurs. Toutefois, ces acteurs clés de l’économie demeurent particulièrement vulnérables aux chocs environnementaux et climatiques. C’est dans ce contexte que l’APIM-Sénégal a conclu une convention de partenariat avec la GIZ, à travers l’initiative «Renforcer la finance durable au Sénégal», afin d’accompagner les IMF dans le développement de leurs capacités en matière de finance durable. Selon la CCNUCC, des milliers de milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2030 pour soutenir l’adaptation des pays en développement. Dans ce contexte, la mobilisation de financements verts s’impose comme un impératif stratégique pour préserver nos écosystèmes et garantir la stabilité de notre économie nationale.
L’heure n’est plus aux intentions, mais à l’action concrète. Le 1er et le 2 avril 2026, Dakar a accueilli un événement charnière : l’Atelier de renforcement des capacités sur la finance durable, organisé à l’Axil Hôtel. Cet atelier a réuni les directeurs généraux des institutions de microfinance (IMF), des partenaires techniques et financiers, des autorités étatiques, ainsi que des instances de supervision et de régulation. Au-delà d’un simple cadre d’échanges, cette rencontre marque un tournant décisif dans l’intégration des enjeux de durabilité au sein de l’architecture financière sénégalaise, en particulier pour le secteur de la microfinance.
L’intégration des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dépasse désormais le cadre de la simple conformité réglementaire de la BCEAO. C’est une opportunité stratégique majeure pour accéder à des financements internationaux, notamment auprès de mécanismes tels que le Fonds Vert pour le Climat.
Loin des discours abstraits, l’atelier a privilégié une approche pragmatique axée sur des solutions de terrain :
- La Taxonomie Verte du Sénégal : Un référentiel précis pour classifier les activités durables et orienter les capitaux vers l’énergie solaire et l’agroécologie.
- L’Innovation Produit : Présentation de solutions de rupture, du crédit vert agricole à l’assurance climatique paramétrique, pour renforcer la résilience des plus vulnérables.
- Feuille de Route 2025-2027 : Co-construction d’une stratégie sectorielle ambitieuse, incluant des « Quick Wins » (actions immédiates) dès le prochain trimestre.
La richesse des échanges et la qualité des engagements pris font de cet événement un succès total. Les participants sont repartis avec une conviction forte : faire du climat une variable de gestion incontournable. En plaçant ses IMF en première ligne de la finance verte, le Sénégal s’affirme comme un leader régional. Cet atelier n’était que le catalyseur d’une mutation profonde : bâtir un secteur financier plus solide, plus inclusif et résolument tourné vers l’avenir.






